Journée "Printemps des poètes", 19 mars 2016, à Mouriès

Merci à tous pour ce moment... Euh, plutôt cette journée. Merci à tous les participants pour ce moment de VRAI partage. Voici une partie des textes lus ce jour-là. Envoyez-moi les autres pour que je puisse les rajouter...

 

L'AILE DU PAPILLON, Vette de Fonclare, http://poemes-provence.fr/laile-du-papillon/

L’aile d’un papillon vient de frôler la joue
Satinée comme un lys d’une belle dormeuse
Assoupie au jardin. L’insecte bleu qui joue
Offre à Angelica agitée et fiévreuse

Un fort joli présent, car il l’a libérée,
En l’effleurant tout doux, d’un pénible sommeil
Hanté de cauchemars. Encor tourneboulée,
Elle quitte en baillant son fauteuil au soleil

Et gagne son bureau pour jouer sur l’ordi.
Assommée par sa sieste et les mains hésitantes,
Elle cherche, elle clique, elle erre et elle écrit,
Sans trop savoir comment, un truc en dilettante ;

Elle dicte au clavier du grand n’importe quoi,
N’importe quelle option sur n’importe quel site,
Tapant sans le vouloir l’adresse d’un… Benoît !
C’est donc un papillon né dans les clématites

Qui s’en vient par hasard de tout redessiner
En deux destins humains… De la danse anarchique
D’un insecte linotte un coup de foudre est né !
Une rencontre issue d’étourderies magiques !

Angelica, Benoît : tout de suite l’entente
Pour un fort long amour fait de lait et de miel…
L’insecte est reparti les ailes palpitantes,
Jolie fleur azurée voletant dans le ciel.

Après avoir changé la vie de ces deux êtres,
Il s’en est retourné tout au fond du jardin
Pour aller, le pauvret, errer dans les pyrèthres*,
Enivré du parfum des roses et du thym…

 

Christophe JENTA, Trajectoires, 2016

 

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ils s’en vont par milliers buter sur nos frontières

Vaincus, humiliés, dans la boue et la poussière

 

Des familles entières chassées par la guerre

Sur des coquilles de noix traversent la mer

Quelques gouttes ballotées dans l’immensité

Elles atteignent nos plages assoiffées de liberté

 

Dès cet instant, leur présence incongrue dérange

Aires de loisir, plaisir, réfugiés s’abstenir

Mais d’objectif le long cortège ne change

L’espoir est encore loin, derrière est le pire

 

Alors le plus inqualifiable se produit…

L’horreur est devant eux, celle qu’ils avaient fuie

Du barbelé acéré au bout du chemin

Des hommes armés pour arrêter nos pèlerins

 

Des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards

La tristesse et la peur s’installent dans leurs regards

Le lent et courageux voyage vers l’espoir

Se termine dans un dépotoir, contre un butoir

 

Voilà où vont tous ces êtres dont pas un seul ne rit

Et nous, où allons-nous ?

Sommes-nous condamnés à cette infamie ?

Sommes-nous vraiment ce que nous sommes ?

 

Aylan…

L’enfant face contre sable ne nous regarde pas

Frêle créature sur une frêle barque, frêle existence de trois ans

L’enfant face contre sable ne nous regarde pas

 

Ce petit corps sans vie n’est que le témoignage

De dangereuses croisières qui virent au carnage

Comme il semble seul sur cette jolie photo

Mais ils sont en réalité des milliers, les poumons remplis d’eau

 

L’enfant face contre sable ne nous regarde pas

Mais il nous dit :

« Ce n’est pas la mer qui m’a tué

Ce n’est pas la misère ou les passeurs

Mon père a payé 1000 euros pour notre traversée

Le prix d’un billet d’avion, aller simple vers le bonheur

Mais il nous manquait ce bout de papier

Celui par lequel vous nous autorisez

De poser nos frêles pieds sur votre terre sacrée

C’est ce bout de papier qui m’a tué. »

 

L’enfant face contre sable ne nous regarde pas.

Mais il rajoute :

« Nous étions votre chance, vous n’avez vu que notre étrangeté.

Oui, nous étions votre chance !

En nous portant secours, ce sont tous vos idéaux que vous sauviez

Nos futurs respectifs devenaient un seul avenir radieux

Nos désespoirs se seraient rencontrés, le nôtre si douloureux, et le vôtre si pénible,

Main dans la main, nous aurions pu ensemble forger un avenir meilleur

Pour nous, pour vous, et pour la terre entière.

 

Mais l’enfant face contre sable ne nous parle plus.

Son père l’enterre et le silence éternel l’engloutit.

Il nous laisse seul, avec nos lâchetés et cette infamie.

Je dis toujours la même chose - Claude Roy

 

 

Zone de Texte:

Je dis de toi et de la rose,

Mes poèmes sont évidents.

Je dis toujours la même chose,

 La vie, l'amour, la mort, le temps.


Prenant les phrases toutes faites,

 les vérités de tous les jours,

 je ne suis ni ange ni bête

 mais je me répète toujours.


Je dis de toi et du bonheur

et la chaleur d'être avec toi.

 Je dis de toi et du malheur

le tourment de n'être que moi.


Je dis ce que chacun devine,

 l'a b c de la clef des chants.

 Le fil sans fin que j'embobine

 n'est qu'un gros fil cousu de blanc.


Je me répète et recommence.

 Je ne dis que ce que je sais,

 mon souci, mon insouciance,

 mon embarras, c'est bien assez.


Je me reprends sans fin ni cesse.

 Est-ce vraiment le même,

qui dans sa fausse vraie paresse,

 n'est que l'absence de soi-même.


Toujours distrait si je médite,

 toujours ailleurs si je suis là,

 qui donc en moi veille et persiste,

 à être moi, si malgré moi.


Un jour vient où la persistance,

 que j'avais cru perdre à tous vents,

 devient le fil de la constance

signant la trace d'un vivant.


Ce n'est peut-être que ma mort

 qui saura bien photographier,

 fini le jeu de j'entre-et-sors

 cet inconnu qui m'échappait.


Il dit toujours la même chose,

 il redécouvre à chaque instant

la même évidence morose,

 la même joie qui n'a qu'un temps.


Mais un seul fruit songe et s'accroît

 dans la fleur en métamorphose,

 se répétant moins qu'on ne croit,

 disant toujours la même chose.

 

Michel Onfray, "Avant le silence", Ed Galilée 2014

Des millions d'années plus tard

J'écoute le chant du dinosaure

Devenu chardonneret

 

 Anne GREKI

Même en hiver le jour n'était qu'un verger doux
Quand le col du Guerza s'engorgeait sous la neige
Les grenades n'étaient alors que des fruits - seule
Leur peau de cuir saignait sous les gourmandises
On se cachait dans le maquis crépu pour rire
Seulement. Les fusils ne fouillaient que gibier.
Et si la montagne granitique sautait
A la dynamite, c'était l'instituteur
Mon père creusant la route à sa Citroèn.
Aucune des maisons n'avait besoin de portes
Puisque les visages s'ouvraient dans les visages.
Et les voisins épars, simplement voisinaient.
La nuit n'existait pas puisque l'on y dormait.

C'était dans les Aurés
A Menaâ
Commune mixte Arris
Comme on dit dans la presse
Mon enfance et les délices


Naquirent là
A Menaâ - commune mixte Arris

Et mes passions après vingt ans
Sont les fruits de leurs prédilections
Du temps où les oiseaux tombés des nids
Tombaient aussi des mains de Nedjaï
Jusqu'au fond de mes yeux chaouias

Frileux comme un iris
Mon ami Nedjaï
Nu sous sa gandoura bleue
Courrait dans le soir en camaïeu
Glissant sur les scorpions gris
De l'Oued El Abdi
Derrière les chacals brillants
Qui rient le cou ouvert.
Et dressé en angle aigu, lisse
Au haut de ses échasses
Il lançait pour voir clair
Jusqu'à la fin de l'espace
La lune au tire-boulettes.

Maintenant c'est la guerre aussi dans mon douar
Il a replié ses kilomètres de joie
Comme les ailes au dessus gris d'un papillon
Polymorphe et couve sous des gourbis zingueux
Tous les bonheurs en germe qui n'existent plus

Dehors, pas plus que les vergers dont les soieries
sucrées rendaient le vent plus mielleux qu'une abeille,
Pas plus que le bruit des pieds nus de Nedjaï
Sur les racines de mon enfance enfouies
Sous des sédiments de peur, de haine, de sang
Car c'est du sang qui bat dans l'Oued El Abdi
Et roule les scorpions gras comme des blessures
Qui seules survivraient des corps martyrisés.

C'est la guerre
Le ciel mousseux d'hélicoptères
Saute à la dynamite
La terre chaude jaillit et glisse
En coulée de miel
Le long des éclats de faïence bleue
Du ciel blanc
Les bruits d'hélices
Ont remplacé les bruits d'abeille

Les Aurès frémissent
Sous la caresse
Des postes émetteurs clandestins.
Le souffle de la liberté
Se propageant par ondes électriques
Vibre comme le pelage orageux d'un fauve
Ivre d'un oxygène soudain
Et trouve le chemin de toutes les poitrines.

Les bruits disparaissent
Dans la tiédeur de l'atmosphère et dans le temps
C'est la guerre muette
Derrière les portes de Batna
J'assiste sur l'écran de mon enfance
A un combat silencieux
Sur des images au ralenti.


A la lumière de mon âge je l'avoue
Tout ce qui me touche en ce monde jusqu'à l'âme
Sort d'un massif peint en rose et blanc sur les cartes
Des livres de géographie du cours moyen
Et lui ressemble par je ne sais quelle joie liquide
Où toute mon enfance aurait déteint.
Tout ce que j'aime et ce que je fais à présent
A des racines là-bas
Au-delà du col du Guerza à Menaâ
Où mon premier ami, je sais qu'il m'attendra
Puisqu'il a grandi dans la chair de mon cœur.

Si le monde qui m'entoure a vieilli de vingt ans
Il garde dans sa peau mes amours chaouias.

 

 --------------------------

JUSTE AU-DESSUS DU SILENCE

Je parle bas tout juste au-dessus du silence
Pour que même l'autre oreille n"entende pas.

La terre dort à ciel ouvert et dans ma tête
se prolonge avec des rigueurs d’asphodèles.

J'ai repeuplé quelques déserts, beaucoup marché,
Alors je gis dans ma fatigue et dans ma joie
Ces varechs jetés par les lames des étés.

Dans des pays, des morceaux de moi font semence
et donnent surgeons de ma tendresse,

de tels oasis que les jours sont des vergers en fête
Ou l'homme boit une vigueur amniotique.

Le bonheur tombe dans le domaine public. 

Ce sera un jour pareil aux autres jours
Un matin familier avec des joies connues
Éprouvées parce qu'elles sont quotidiennes.

Avec des mots brûleurs du ciel
Avec des mots traceurs de route
Qui font du bonheur une question de patience
Qui font du bonheur une question de confiance.

Et ces femmes fières d'avoir le ventre rouge
A force de remettre au monde leurs enfants
A chaque aube, ces femmes bleuies de patience
Qui ont trop de leur voix pour apprendre à se taire.

Forte comme une femme aux mains roussies d'acier
Tu caresses tes enfants avec précaution
Et quand leur fatigue se blesse à ta patience
Tu marches dans leurs yeux afin qu'ils se reposent.........

---------------------------

De son vrai nom Anna Colette Grégoire, Anna Greki est née à Batna, dans l’est algérien, le 14 mars 1931.
Elle passe son enfance à Menaâ, commune d’Arris dans les Aurès, où son père était instituteur. Elle effectue ses études primaires à Collo puis au lycée à Skikda, mais interrompt ses études supérieures de lettres à Paris pour pouvoir prendre part activement au combat pour l’indépendance de l’Algérie.
Membre des Combattants de la libération-CDL, elle est arrêtée en 1957 et torturée avant d’être internée à la prison Barberousse d’Alger.

 Anna Greki est ensuite transférée en novembre 1958, au Camp de transit et de triage de Beni Messous (Alger) puis expulsée d’Algérie.

Elle rentre en Algérie à l’Indépendance, en 1962.
Achevant sa licence en 1965, elle est professeur de français au lycée Emir Abdelkader d’Alger et publie parallèlement des textes poétiques dans l’hebdomadaire Révolution africaine.

Victime d’un accident de la route, Anna Greki décède à l’âge de 33 ans.

 

Anna Gréki par Gisèle Sans

Ma rencontre avec Anna Gréki

 

Ma rencontre avec Anna Gréki à Alger en juin 1964 a

les yeux pleins d’étoiles de la jeunesse :

j’avais dix-huit ans. Poète en secret, je sus d’emblée

reconnaître en elle ce feu intérieur qui

illumine la vie de ceux qui veulent le meilleur pour

les hommes et qui refusent d’accepter l’ordre des choses.

Sa maison était à son image,

accueillante, ouverte au soleil de l’Algérie,

son pays qui éclairait son regard, ouverte aussi aux bonheurs

de tous les jours.

J’étais venue en voyage avec mon père à Alger ;

c’est mon amie et professeur de piano à Paris Victoria,

amie d’Anna Gréki, qui nous avait fait accueillir chez elle,

mariée à Jean-Claude Melki dont elle avait un fils, Laurent.

Elle décédera en 1966 lors d’un accouchement.

Son mari rentrera en France et plus tard épousera

Victoria qui élèvera le fils d’Anna Gréki.

Impressionnée par cette rencontre, je l’étais,

sachant ce qu’elle avait vécu: engagée et militante

pour l’indépendance de l’Algérie, elle avaitété arrêtée en 1957,

torturée et incarcérée à la prison Barberousse à Alger,

puis internée au camp de Beni-Messous ; expulsée d’Algérie à sa libération, elle partira à Tunis avec son mari.

Elle rentrera à Alger en 1962 après l’indépendance.

De quinze ans mon aîné, elle me mit assez en confiance

et en confidence pour que je lui dise

que j’écrivais aussi des poèmes et que j’aimais beaucoup Paul Éluard, sentiment qu’elle partageait :

« Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné,

Un feu pour être son ami,

Un feu pour m’introduire dans la nuit d’hiver,

Un feu pour vivre mieux. »

Est-ce vraiment un hasard si le début du poème de Paul Éluard,

Pour vivre ici, se trouve en exergue de la préface de Bruno Doucey

pour l’anthologie :L’Insurrection poétique Manifeste pour vivre ici

, établie par Christian Poslaniec et Bruno Doucey

en janvier 2015, aux éditions Bruno Doucey,

dans lesquelles Anna Gréki et moi-même

nous trouvons réunies ?

Quoi qu’il en soit, c’est notre deuxième rencontre dans l’Insurrection poétiquequi me fait témoigner

aujourd’hui sur la première, pour la réédition à venir de l’œuvre d’Anna Gréki, avec toute l’affection et l’admiration que je porte à cette femme d’exception, aussi poète d’exception.

C’est alors qu’elle me fit don de son premier recueil qui venait de paraître en 1963,

Algérie, capitale Alger, aux éditions Pierre-Jean Oswald,

dans la collection « J’exige la parole », et la S.N.E.D à Tunis,

avec une préface de Mostefa Lacheraf et une traduction en arabe par Tahar Cheriaa.

Pendant qu’elle s’occupait de son fils et de la préparation du repas, je découvris ses poèmes écrits pour la plupart en prison ; ils fusaient

comme des jaillissements de liberté, malgré la torture et l’enfermement, faisaient écho en moi, née en 1946, après ce que j’avais pu

 

appréhender de la guerre dans les récits de mon père et de ma mère; poèmes d’une lutte,

toujours à recommencer, contre la domination et la barbarie,

présente aussi chez Paul Éluard,

avec toujours l’espoir indéfectible, comme ces accents éluardiens avec la répétition d’un vers en leitmotiv scandant le poème, dans la poésie d’Anna Gréki:

« L’avenir est pour demain

L’avenir est pour bientôt »

Dans le poème

L’avenir est pour demain

« On n’invente jamais seul »

Dans le poème

jamais seul

Anna Gréki, poète révolutionnaire, comme le note Jacqueline Arnaud, que j’ai bien connue avant qu’elle ne décède en 1986,

critique et professeur à l’université de Paris XIII qui a

consacré beaucoup de ses travaux au écrivains du Maghreb.

Cependant Anna Gréki, de son vrai nom Anna Colette

Grégoire, est aussi poète de l’enfance heureuse: née à Batna en 1931dans les Aurès, elle est fille d’un instituteur laïc, très apprécié à

Collo.

« Aucune des maisons n’avaient besoin de porte

Puisque les visages s’ouvraient dans les visages

Et les voisins épars simplement voisinaient

La nuit n’existait pas puisque l’on y dormait

C’était dans les Aurès à Menaâ »

Dans le poème

Menaâ

Paradis perdu évoqué plus loin dans le même poème :

« Du ciel blanc

Les bruits d’hélices

Ont remplacé les bruits d’abeilles »

Paradis à reconstruire après la guerre :

« Nous prendrons soin de laisser la clé sur la porte

Et que la rue entre par la fenêtre ouverte

La rue toute entière son soleil ses enfants

La rue riche d’amis étrangers de passants

Fraternels Notre maison est à qui la veut

A qui a besoin de chaleur à qui a faim »

Dans le poème

Vivre

Ces vers de générosité montrent à quel point la poé

sie d’Anna Gréki est moderne et

intemporelle, car elle trouve un écho étonnant dans

l’actualité.

 

Anna Gréki, ayant terminé les tâches de la vie quotidienne, reprit sa conversation avec moi sur la poésie. Elle s’inquiétait maintenant de la

forme de sa poésie ; elle m’interrogeait sur l’opinion que j’avais

de son style, par rapport aux poèmes qui s’écrivaient à l’époque,

moi qui vivait à Paris, me disait-elle. Ai-je su, à dix-huit ans, lui dire assez comme sa poésie était forte dans la lutte, mais aussi vivante et pleine de lumière...

C’est pourquoi je suis heureuse de lui

rendre un hommage aujourd’hui.

Plus tard, j’ai découvert le reste de son œuvre, brusquement interrompue en 1966...

Elle n’avait que trente cinq ans. La même année paraît a

près son décès, aux éditions Présence africaine, son recueil

Temps forts.

Dans ces poèmes, la force de l’espoir des années de

lutte fait place, dès le début de

l’indépendance, à l’amertume des désillusions.

« J’ai senti s’effriter la chair de mon pays

Dans un effort terrible de recréation »

Dans le poème : Avis

« Quand il n’y a plus d’idées, il reste toujours les mots

et les morts qui sont des héros et qui servent de noms de rues

de clairons, d’alibi, d’oubli ».

Dans le poème

Les bons usages d’un bureaucrate

Anna Gréki reprend, comme dans son premier recueil,des leitmotivs, mais cette fois à la tonalité déçue :

« Où sont mes frères de combat. Et la justice et la bonté ».

Dans le poème Litanies

Cependant Anna Gréki espère toujours ; Son poème en 5 parties

Oursins de la mémoire,comme autant de piqûres dans les 4 premières, ravive l’espoir dans la dernière: « Pourtant sous le reflux j’entends des voix qui montent dans la pulpe de demain. Les yeux recommencent à voir sous la vermine la cigogne et le sourire sous la boue...

Des choses chantent dans ma tête

De toute douleur je compose mes magies »

Gisèle Sans

Octobre 2015

 

 

 

 

 

 

Ajouter un commentaire